Avec la mise en bouteille s' achève la chaîne technologique du vin.
De la réussite de cette opération va dépendre la persistance jusqu'
au verre du consommateur des qualités organoleptiques attendues.
Une hygiène insuftïsante sur le matériel d' embouteillage peut être
à l'origine de défauts plus ou moins graves tels que:
- le non respect de nornes microbiologiques
- l'apparition de matières solides en suspension dans les bouteilles.
- le développemem de bactéries ou de levures après mise en bouteille
avec formation de dépôts et modification de la limpidité.
- la modification des caractères organoleptiques du vin (goûts
anormaux, oxydation, dégagement de CO2)
- la contamination par des substances chimiques provenant des surfaces
(métaux, graisses, caoutchouc, produits de nettoyage...)
Pour limiter cette étude, il est supposé que tous les défauts mentionnés
ici sont dus à des contaminations microbiologiques ou chimiques
se produisant en aval de la filtration stérilisarnte, cette pratique
ayant aujourd'hui tendance à se généraliser.
ORIGINE DES CONTAMINATIONS
A l'issue de la filtration finale, le vin est supposé stérile
et conforme. Sa recontamination ultérieur peut provenir de différentes
source :
Les
bouteilles:
- Les bouteilles neuves
Quelle qu' en soit la provenance, la bouteille neuve n'est pas stérile.
Elle contient des microorganismes vivants ou non que l'on retrouvera
dans les vins embouteillés.
Le rinçage, même s'il est effectué avec de l'eau stérile, ne supprime
pas la contamination.
Seule une désinfection pemet d'obtenir l'absence de germes recherchée.
Mais. cette pratique courante dans le conditionnement à froid de boissons
non alcoolisées est encore très peu répandue dans la filière vins.
- Les bouteilles de récupération
Après consommation du vin, il subsiste au fond de chaque bouteille quelques
millilitres de vin qui vont être transfonnés à l'air en un résidu
chargé de micro-organismes.S'ils ne sont pas éliminés lors du lavage,
ceux-ci pourront aisément se développer dans le nouveau contenu de la
bouteille.
- L'air ambiant
L'air d'un chai peut contenir plusieurs milliers de particules par litre.
Bien entendu ces particules contiennent des micro-organismes pouvant
se développer dans le vin. Ces contaminations sont plus importantes
si les locaux d'embouteillage sont en communication avec la cuverie
ou des entrepôts de stockage. Ce phénomène est accentué par la présence
de poussières et de taches de vin sur les sol et la circulation des
chariots.
- Les circuits
Les tuyauteries. les joints, la robinetterie qui alimentent une remplisseuse
peuvent conserver, dans des recoins, du vin susceptible de devenir foyer
de contamination remplisseuses. La présence de joints de caoutchouc
vétustes, les soudures imprécises, Jes raccordements par brides ou «
pas vinicoles » sont autant de facteurs favorisant la formation de foyer
de contamination.
- Les remplisseuses
Quel que soit son principe de fonctionnement (par gravité, surpression
ou dépression), la remplisseuse se présente comme un ensemble complexe
pas toujours adapté à l'application de procédures d'hygiène efficaces.
Après utilisation, il subsiste des traces de vin pouvant s'altérer et
générer des accidents microbiens. Ces foyers de contamination se situent:
- dans le conduit d'alimentation
- à l'intérieur de la cuve et principalement sur la partie supérieure
(couvercle).
- à l'intérieur des becs de remplissage.
- dans les canules de réaspiration.
dans les systèmes égaliseurs de niveau.
- dans le circuit de mise sous vide.
- à l'extérieur des becs (tulipes)...
Le rinçage à l'eau n'élimine jamais totalement le vin contenu dans les
recoins d'une remplisseuse. La stérilisation thermique va transformer
ces traces de vin en un dépôt interne qui pourra ensuite se détacher
des surfaces et former des particules en suspension dans les bouteilles.
Ces dépôts servent également de substrat à des moisissures ainsi qu'à
des bactéries pendant les arrets prolongés (ce phénomène est
favorisé par la persistance d' une forte humidité dans les circuits).
La boucheuse
Si des améliorations sont apparues au cours de la dernière décennie,
les boucheuses demeurent par leur complexité des matériels difficilement
nettoyables. L'absence totale de toute trace de vin a l'intérieur de
ces machines permet seule d'éviter la comamination des bouchons de liège.
Les projections de vin dans les boucheuses sont dues soit:
- à une rotation trop rapide des bouteilles sur les étoiles.
- à un remplissage trop important (nécessité absolue de conserver un
vide entre vin et bouchon).
-Les mains des opérateurs
Toute intervention manuelle sur les becs des soutireuses, bouchons,
boucheuses, etc, peut être à l'origine de contaminations, d'autant plus
importantes, que le niveau moyen d'hygiène de l'ensemble des matériels
est défectueux.
L'ambiance
Nous tentons d'établir dans ce paragraphe la liste des facteurs qui
contribuent à favoriser la contamination microbienne sur une ligne d'embouteillage
ou qui empêche l'application de procédures d'hygiène efficaces:
- la présence prolongée de taches de vins sur les sols et / ou les machines.
- la rugosité des revêtements de sols.
- l'absence de pentes suffisantes aussi bien sur les sols que sur les
machines d'embouteillage contribue à la stagnation des taches de vin,
des eaux de rinçage et favorise les développements microbiens.
- la présence de caniveaux ou rigoles dont le profil interdit un accès
facile et donc un nettoyage aisé.
- le stockage des matières sèches (cartons, bouchons, étiquettes) près
des installations de remplissage complique les opérations d'hygiène.
- l'utilisation de matériaux fragiles ou sensibles à la corrosion, dans
les équipements d'embouteillage interdisent parfois le recours a des
traitements efficaces.
Le bouchon
Le bouchon de liège peut apporter des poussières, des contaminations
microbiennes et des résidus chimiques issus de mauvais rinçage, de procédures
de fabrication et de lavage inadaptées, et bien entendu, de composés
naturels indésirables provenant d'une mauvaise sélection.