L'hygiène est non seulement la mise en place d'un processus de
nettoyage ou la mise en uvre de produits chimiques, mais surtout
la résultante d'une méthode d'application définie
et d'une maintenance rigoureusement suivie dans le temps.
Les
règles d'hygiène alimentaire édictées par
la législation répondent à deux critères:
- conserver les qualités organoleptiques originelles du produit
et éviter toute altération des denrées dans le
temps.
- Garantir l'innocuité des produits ou méthodes utilisées
pour la protection de la santé du consommateur.
Dans
cet esprit, les règles d'hygiène, lors de l'embouteillage,
interviennent à différents niveaux:
La
préparation du liquide à embouteiller pauvre en germes
La sanitation des locaux et de leur ambiance
Le matériel d'embouteillage
L'hygiène du personnel
A
- LA PREPARATION DU LIQUIDE A EMBOUTEILLE
Le
liquide à embouteiller devra présenter des qualités
hygiéniques interdisant toute prolifération microbienne.
Les stabilisations physico-chimiques pallieront normalement cet incident.
Parmi celles-ci, nous citerons les collages, les filtrations, les thermolisations,
l'utilisation de l'anhydride sulfureux, du sorbate de potassium, etc.
B
LES LOCAUX
Les
locaux renfermant le matériel de filtration, de tirage et de
bouchage devront être isolés du reste du centre d'embouteillage.
Ces locaux seront clos, clairs, aérés, à flux d'air
filtré (cinq fois le volume par heure) pour éviter la
pénétration de l'air extérieur pollué.
Les
murs et les sols seront constitués de matériaux résistants
aux produits de nettoyages (bases, acides) et lisses pour éviter
tout accrochage de poussière ou prolifération microbienne
(carrelage à joints étroits, antiacide ou résines
époxy). Les pentes des sols seront calculées pour permettre
un nettoyage efficace et un écoulement rapide des liquides (pente
de 2 à 3 %). On pourra envisager à cet effet la mise en
place de rampes d'arrosage du sol.
Les
évacuations, regards, rigoles, siphons seront extérieurs
au local de tirage-bouchage. Les plafonds par contre devront être
en matériaux anticondensation et imputrescibles.
L'arrivée
des conduits et tuyauteries du liquide à embouteiller, eau, air,
gaz, électricité, seront prévus par le sol pour
éviter toute entrave pouvant servir de support à la flore
microbienne ambiante. L'installation d'un système ou d'une centrale
de nettoyage permettra une rationalisation et une facilité du
nettoyage de ces installations.
Le
stockage des matières sèches servant à la mise
en bouteilles feront l' objet de soins particuliers, conditions sanitaires
de l'air ambiant, de température et d'hygrométrie. Les
bouchons en particulier devront être stockés dans un local
isolé, à l'abri des variations de températures
et d'humidité relative ambiante. Les amplitudes tolérées
ont été définies comme suit:
-
hygrométrie entre 40 et 65% HRA
-
température entre 10 et 25° C
C
- LE MATERIEL D'EMBOUTEILLAGE
En
règle générale, et sans entrer dans les détails,
on préconisera pour l'embouteillage un matériel de conception
simple permettant une accessibilité et un nettoyage aussi rapide
qu'efficace.
LA
RINCEUSE
Le
rinçage des bouteilles est une notion élémentaire
et fondamentale pour satisfaire aux exigences hygiéniques d'une
bonne mise en bouteilles
Il
existe en général deux types de laveuses:
1
- Les rinceuses- avineuses avec injection de solutions désinfectantes
ou non (20 secondes), toujours suivies d'un rinçage final à
l'eau filtrée (0,45 microns), à température ambiante,
puis égouttage immédiatement avant utilisation. Ce type
de rinceuses est destiné au nettoyage de bouteilles neuves.
2
-Les laveuses à cycle complet avec trempage dans des solutions
détergentes et injections sous pression à haute température,
ou brossages mécaniques puis rinçage et égouttage
immédiatement avant utilisation.
Ce
type de rinceuses est destiné aux bouteilles usagées ou
recyclées.
En
tout état de cause, ces rinceuses doivent répondre aux
caractéristiques suivantes:
- Eliminer
les souillures et le maximum de microorganismes
- Ne laisser
que des traces d'eau de rinçage (1 à 2 ml par bouteille),
et aucun résidu de produits additifs.
La qualité
de l'eau de rinçage finale utilisée devra être contrôlée
afin d'éviter les recontaminations ou apports d'éléments
exogènes (fer, carbonates, chlorures, etc.)
Les circuits des fluides des rinçages doivent présenter
des qualités hygiéniques rigoureuses et de ce fait devront
être stérilisés journellement.
La stérilisation des bouteilles impliquera la mise en uvre
de produits tels que l'anhydride sulfureux, l'ozone, le dioxyde de chlore
ou le péroxyde d'hydrogène/acide péracétique,
etc.
Cette
technique présente certaines contraintes:
- Nécessité
de récupération des différents produits (recyclage
en double circuit)
- Elimination
des résidus par un rinçage final à l'eau stérilisée
- Temps
d'action suffisamment long pour être efficace (concentration,
température)
- Coûts
des produits
- Action
corrosive
LA
TIREUSE
Vu
la complexité de la conception de ce matériel, la tireuse
constitue le point le plus critique de recontamination après
filtration du liquide. A ce sujet, on veillera aux paramètres
suivants:
-
Matériaux adaptés: tuyauteries, canules et cuves en acier
inoxydable spécifique CND, lisse et à soudures sans bavures,
joints spéciaux résistants à la stérilisation
à l'eau chaude (+ 80° C), à la vapeur sous pression
(+ 100° C) et aux agents chimiques.
-
Les tuyauteries et cuves seront prévues pour permettre un accès
facile, une vidange totale et un écoulement régulier pour
éviter les turbulences et permettre un remplissage à niveaux
réguliers. Les becs de remplissage ainsi que les accessoires,
manomètres, tubes de niveaux seront de conception simple, facilement
démontables et aisément nettoyables.
En
fin de tirage on adoptera les méthodes de sanitations usuelles
du matériel, à partir du filtre jusqu'à l'extrémité
des canules de remplissage en mettant en place:
- une
phase de rinçage
- une
phase détergente (solution aqueuse caustique)
- une
phase stérilisante, eau chaude supérieure à 80°
C, vapeur sous pression ou produits désinfectants, durée
de contact minimum 20 minutes.
Il est
conseillé, lors d'un arrêt prolongé, de remplir
les circuits et les cuves avec des produits désinfectants pour
éviter les recontaminations.
LA
BOUCHEUSE
Dans
de nombreux cas la désinfection de la tête de bouchage
est encore et souvent négligée. Les causes de contaminations
peuvent être d'ordres différents:
- Eclaboussures
dues à la projection de liquides sur les têtes de bouchage
(cadence inadaptée, aspiration du sous-vide trop forte, etc.)
- Résidus
de produits lubrifiants ou d'usures mécaniques (mauvaise maintenance).
Les parties
de la boucheuse le plus souvent mises en causes sont:
le système
d'alimentation en bouchons
Les systèmes d'alimentation équipés d'élévateurs
à brosses rotatives ou par aspiration peuvent générer
des poussières suite aux chocs et à l'abrasion de la surface
du bouchon.
- la trémie
de réception des bouchons
Le remplissage trop important de la trémie, le séjour
prolongé avec rotation et agitation par les diabolos peuvent
provoquer un écornage des bouts et une libération des
particules intralenticellaires. Un nettoyage régulier des corps
creux sous la trémie évitera l'accumulation de poussiéres
et débris.
- la broche ou piston d'enfoncement
Le
mauvais positionnement du piston d'enfoncement ou son état surfacique
sont souvent à l'origine de brisures ou sectionnements des bouchons.
L'encrassage de la surface du piston peut transmettre des produits contaminants
dans la chambre de compression des mors.
-
le système de serrage des mors
Difficile d'accès les mors et coulisseaux devront être
démontés journellement, avec essuyage à l'aide
d'une solution désinfectante puis lubrifiés légèrement
à l'huile pour contact alimentaire.
-
Le cône de l'embouchoir et le système de mise sous-vide
Les cônes sont souvent encrassés par les éclaboussures
du liquide, mélangées aux poussières de liège.
Il en est de même du circuit de mise sous-vide. Le démontage
suivi de nettoyage s'opérera en même temps que les têtes
de bouchage
-
Entretien général
Le nettoyage du matériel d'embouteillage s'effectuera le plus
souvent possible. La bonne maintenance sera le meilleur garant des qualités
hygiéniques de l'ensemble des installations.
D
LE PERSONNEL
L'hygiène
générale n'est pas uniquement limitée au matériel,
aux locaux ou à l'ambiance. Le personnel devra porter une tenue
propre et claire et assurer une hygiène corporelle permanente.
La prise de conscience de ce sujet doit passer par l'information du
personnel, comme cela est dicté par les différents décrets
législatifs et les directives communautaires. Les règles
d'hygiène et leurs modalités d'applications devront, au
même titre que les règles de sécurité, être
affichées dans les locaux de travail (voir arrêté
du 9 mai 1995, réglementant l'hygiène des aliments remis
directement au consommateur).