Lorsque la bouteille vient de recevoir son bouchon, il est indispensable
de la maintenir debout pendant plusieurs minutes. L'idéal serait
plusieurs heures, mais les contraintes créées par les
cadences modernes de mises en bouteilles ne permettent malheureusement
pas de respecter ce délai. Pourtant il faut savoir que lorsque
cesse la forte compression que vient de subir le bouchon (diamètre
de 24 mm comprimé à 15,5 mm +/- 0,5) la reprise de son
diamètre initial se produit en plusieurs phases:
dans un premier temps, il reprend presque instantanément 85%
minimum de ses 24 mm, soit 20,40 mm,
dans un deuxième temps, il reprend:
après 3 heures 95% de ses 24 mm, soit 22,80 mm
après 6 heures 98% de ses 24 mm, soit 23,52 mm
après 24heures 99% de ses 24 mm, soit 23,76 mm.
Les chiffres ci-dessus sont à comparer à ceux des dimensions
intérieures des goulots.
La comparaison entre les 20,4 mm du diamètre du bouchon dans
sa première phase de reprise élastique et le diamètre
réel des goulots surtout à 45 mm d'enfoncement: 21 mm)
permet de saisir la gravité du problème et de prendre
conscience de l'importance:
1 - des dimensions et du profil intérieur des goulots,
2 - du besoin d'un délai de station debout de la bouteille après
bouchage.
Ces deux paramètres sont souvent négligés pour
rendre compte de la possibilité donnée au liège
d'appuyer plus ou moins fortement sur les parois des goulots, et donc
d'assurer une plus ou moins bonne herméticité.
Sur une bouteille couchée immédiatement après bouchage,
le bas du bouchon revenu à 85% de son volume n'appuie pratiquement
pas contre la paroi de verre si le diamètre intérieur
du goulot, à 45 mm d'enfoncement, est supérieur à
20,40 mm. Il convient en outre de tenir compte de la surpression provoquée
par l'enfoncement du bouchon dans le goulot.
Avant
de coucher les bouteilles, il faut donc:
1 - donner à cette surpression le temps de s'évacuer (tant
que la bouteille reste debout, l'air comprimé s'échappe
entre le liège et le verre, et cela d'autant plus facilement
que le liège n'a pas encore pris sa place et sa consistance dans
le goulot);
2 - donner au liège le temps de reprendre sa forme
3 - donner au liège le temps de se redurcir, car sa compression
brutale à 15,5 +/- 0,5 l'a ramolli momentanément, ce qui
est encore une notion distincte de celle de reprise élastique.
Le couchage ne doit se faire que lorsque la base du bouchon assure la
rupture du film capillaire.
Pour permettre l'évacuation de la surpression, le délai
indispensable strictement minimum est de 3 minutes. Mais ce délai
ne permet que le commencement du retour élastique et du durcissement
du liège.
Beaucoup d'incidents de bouchage sont liés au non-respect de
cette précaution.